Tu fais du trading et tu te demandes ce que tu dois au fisc ? En France, pour un particulier, la règle par défaut est simple à retenir : la flat tax (PFU) à 30 %. Mais il y a des nuances selon ce que tu trades (actions, dérivés, crypto) et selon que tu es occasionnel ou « habituel ». Voici l'essentiel, vérifié dans le Code général des impôts.
Le principe : le PFU à 30 %
Les gains nets réalisés lors de la cession de valeurs mobilières (actions, ETF, obligations…) sont soumis à l'impôt sur le revenu au taux forfaitaire de 12,8 % (article 200 A du CGI), auquel s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux — soit 30 % au total. C'est ce qu'on appelle le prélèvement forfaitaire unique (PFU), ou « flat tax ».
Et les CFD, futures, forex, options ?
Les produits dérivés — CFD, contrats à terme (futures), options, forex à effet de levier — sont juridiquement des « instruments financiers à terme ». Leurs profits nets sont imposés dans les mêmes conditions que les valeurs mobilières, c'est-à-dire selon l'article 200 A (donc PFU 30 %), en vertu de l'article 150 ter du CGI. Un piège à connaître : si ton teneur de compte ou ta contrepartie est établi dans un État « non coopératif » (paradis fiscal listé), le taux passe à 50 %, sauf à prouver la réalité des opérations.
Tu peux préférer le barème progressif
Sur option globale (article 200 A, 2), tu peux choisir d'être imposé au barème progressif de l'impôt sur le revenu plutôt qu'au taux de 12,8 %. C'est intéressant si ta tranche marginale est faible (0 % ou 11 %). L'option vaut pour l'ensemble de tes revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l'année — à simuler avant de cocher la case.
Les pertes ne sont pas perdues
Une moins-value nette (sur titres comme sur dérivés) s'impute sur les plus-values de même nature réalisées la même année, et l'excédent est reportable pendant 10 ans (article 150-0 D, 11 du CGI). D'où l'intérêt de déclarer même une année perdante : tu te constitues un « stock » de pertes utilisable plus tard.
Occasionnel ou « habituel » ? La frontière qui change tout
Tout ce qui précède vaut pour un investisseur occasionnel. Si l'administration considère que tu trades de manière habituelle et professionnelle (fréquence, moyens engagés, part dans tes revenus…), tes gains basculent en bénéfices non commerciaux (BNC) : plus de flat tax, mais un régime avec cotisations sociales. La frontière relève d'un faisceau d'indices — en cas de doute, un expert-comptable tranche.
Côté déclaration
En pratique : formulaire 2042 C (report des montants), 2074 pour le détail des plus-values, et surtout le 3916 / 3916-bis si tu utilises un courtier ou un compte à l'étranger (IBKR, Trade Republic, eToro…). Oublier de déclarer un compte étranger expose à une amende, même sans le moindre gain.
Informations indicatives (France, à jour au 2 août 2026) — ce n'est pas un conseil fiscal. Les seuils et règles évoluent chaque année : pour tes arbitrages, consulte un expert-comptable. Le trading comporte un risque de perte en capital.